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au coeur du désert

La Dame du Delta n'a jamais fait de macramé...

Elle se promène entre les mots,

les couleurs, la lumière et les notes

qu'elle pose, qu'elle attrape, qu'elle chante...

et tout ça, elle l'offre au bout d'un rire:

"c'est cadeau, c'est pour rien, c'est comme ça..."

Par danslalune
Vendredi 26 mai 2006

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Finis les épanchements, passé le petit moment de flottement…Priscillio pose son regard au loin…il y a encore tellement à découvrir, des régions qu’il imagine souriantes et fertiles, ici, rien ne pourra s’épanouir, ni la végétation, ni la douceur des sentiments…alors, et malgré ce qu’il entrevoit de ce qui sera ici, Priscillio joue une fois encore, la dernière, le seul rôle que les Tanzabi veulent lui voir interpreter:

« Bon, et tout ça pour quoi ? Il est grand temps que vous vous preniez en main, que vous y alliez de votre cœur…vous savez, cette petite chose qui toque, là et qui, si elle est écoutée peut vous faire voir la vie bien plus belle…que vous vous mettiez enfin à regarder ce et ceux qui vous entourent…c’est beau, un regard qui s’offre, plein et vrai, simplement pour le plaisir de donner…vous verrez, y a pas mieux.

Comment faire ? me direz-vous…et bien, il n’y a pas de mode d’emploi…il y a juste l’évidence de ce qui est à vivre, d’aller vers ce que l’on sait vrai et juste, il y a naturellement l’étincelle qui ne demande qu’à jaillir et qui réchauffera cette petite chose qui se mettra alors à taper, à vibrer, à battre au rythme de…mais ça, c’est une autre histoire…cette histoire là, c’est à vous de l’écrire et de la vivre.. »

Pendant toute la nuit, Priscillio parle ainsi de ce qu’il sait, et, au bout de tous ses mots, il se leve, se dirige vers son engin, le décharge des pièces en tous genres qu’il avait entassées et :

«Chef…tu vas devoir faire le chef, toi et toi seul…tu vas former une équipe et tu en seras la tête « bien pensante »…avec cette équipe, tu vas construire un engin semblable au mien et lorsque la machine sera terminée, tu iras faire un tour du côté d’ailleurs et tu découvriras d’autres horizons, beaux, ouverts. A ton retour, tu laisseras parler ton cœur vraiment, ainsi que je l’ai toujours fait avec toi et tous les Tanzabi…l’histoire sera belle, tu verras… »

Il fait encore nuit mais le soleil s’annonce déjà…il fera encore très chaud ici, dans ce paysage n’accueillant que l’ocre-jaune de la terre et le bleu intense du ciel…peut-être y aura-t-il une barre blanche de nuages…peut-être le vent les rabattra t-il au-dessus de cette terre sèche et poussièreuse…peut-être…

Priscillio est déjà loin lorsque l’orient s’éclaire…il fait route vers le Delta…il lui reste une chose à faire, une pensée à déposer, la tendresse à offrir, un endroit à découvrir, mais…

Est-ce qu’il osera, elle au cœur de ce Delta qui lui ressemble tant elle est sauvage et calme à la fois…elle a dû en connaître des « gros temps », des « coups de vent »…il y a tout ça en elle et il le voit…est-ce que ses tourmentes à lui ne viendront pas perturber cet étrange équilibre, briser l’accord, fausser l’entente, rompre l’harmonie posée entre eux depuis ce regard échangé…si, bien sûr et il le sait…

Maintenant il y a ce soleil, montant aujourd’hui, encore plus fascinant parce qu’il la sait là, elle, mais elle ne l’attend pas, elle est juste là et c’est la lumière qu’elle veut sur ses yeux, la douceur du soleil sur sa peau et le calme de ce moment qu’elle sait insaisissable mais qu’elle reçoit chaque jour, ce calme qu‘elle désire pour son coeur…depuis tout ce temps, depuis que le Delta l’a accueillie.

Alors, Priscillio ne veut rien d’autre que la regarder…et juste poser là, en fermant les yeux, sans qu’elle le sache…de loin, si loin qu’elle ne saura jamais…il pose au plus fragile d’elle, comme une caresse qui se confond naturellement avec la douceur du moment.

Et dans ce décor de terre baignée d’eau chahutée par le vent, d’eau qui caresse la terre portant la marque du soleil, il se laisse aller encore une fois, la dernière, au rythme de cet équilibre établi depuis tant et tant…depuis que le jour et la nuit n’ont pour s’aimer que la fragilité de l’instant…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par danslalune
Vendredi 26 mai 2006

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Voilà…et d’un simple battement de paupières, la Dame du Delta le remet dans son histoire à lui…les Tanzabi du désert désolés d’amour, aux yeux si vides de cette étincelle qui dirait « c’est donc si souriant, si généreux, si ‘’je te vois et mon bonheur est là comme écrit au fond de tes yeux, et c’est une invitation, une promesse’’… »

En s‘éloignant, Priscillio retrouve ses idées d’améliorer le quotidien amour des Tanzabi, tout en se préservant, lui, des mesquineries et autres sentiments médiocres de chacun…tâche bigrement ardue,voire surhumaine. Et soudainement, il se sent déstabilisé…il se croyait intouchable, presque inébranlable et en trois mots plus un regard, il se sent vaciller.

C’est tellement mouvant autour de lui, et à perte de vue le désert ondoie…comme le faisait tout à l’heure, l’eau rougeoyante du Delta avant de plonger dans la nuit…et lui, si sûr de lui, avant le Delta, il est à l'image de ce désert qui n’en finit pas d’onduler,de bouger…

Et il n’a pas le pied marin, le Priscillio, c’est tout juste s’il tolère les remous des « tempêtes dans un verre d’eau » à la  sauce tanzabienne..un mélange pas très subtil et très peu homéopathiquement dosé…un méli-mélo lourd à souhait, indigeste et qui aurait un effet similaire à celui de l’ipéca…mais bon, Priscillio va se lancer dans la mêlée dégrossir l’affaire, bien sûr, il y aura des « plaies et des bosses », des « grincements de dents », des « mais…pourquoi moi??? 

« Allez! Il est temps… » soupire t-il.

« Ah oui! Il était grand temps que tu reviennes!!!Mais c’est qu’on a frôlé l’émeute…la révolte…la chienlit! » l’incendie la fiancée du chef.

« C’est pas un rien excessivement abusif, tout ça? Je me suis absenté deux jours et…sans vouloir offenser l’autorité du chef, les mouvements de la foule mécontente, c’est à lui de maîtriser! »

Brusquement, Priscillio éprouve une grande lassitude…il se sent complètement « décalé », si peu dans le ton agressif, rempli de reproches, tempétueux bourré d’amertume, de l’ambiance « bienvenu et bon retour parmi nous » qui se dégage depuis son arrivée.

Lui, il revient de son voyage avec, au fond de son engin, un tas de pièces en tous genres, et dans son cœur un gros paquet d’amour, tellement gros qu’il déborde sans prévenir…voilà, maintenant, cela passe du plein au trop-plein que Priscillio ne peut pas, ne veut pas retenir…

« Quel gâchis, tout ça…» et les larmes de Priscillio coulent, lentement…longuement…elles racontent l’histoire de cet homme toujours en mouvement, jamais en repos…à la recherche de tout parce qu’il y a ses rêves d’absolu le plus pur, ses rêves qui le tiennent en éveil, ses rêves qui ne trouvent écho en aucun de ces êtres, en aucun de ses amours croisés qui ont pu l’éblouir, lui donner la paix pour un temps. Alors, ses rêves coulent avec les larmes…un rêve, ça ne se retient pas, ça ne s’étouffe pas, c’est fait pour être en vol…libre…tout le temps…les larmes, elles, se recueillent ou s’évaporent et ici, le ressentiment et la colère des Tanzabi venaient de faire exploser le thermomètre.

Simplement, ses larmes s’évaporent, le vent en bourrasques chasse ses rêves et balaie la plus belle de ses certitudes: avoir enfin trouvé sa place, celle qu’il cherche depuis tout ce temps.

 

 

 

Par danslalune
Vendredi 26 mai 2006

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Oui, c'est ça...le Delta...cet endroit si fragile qui hésite entre la terre et l'eau, à la croisée de la caresse-eau-pure et de la morsure-eau-salée...celle qui apaise la soif et celle qui avive la soif,  avec, à leur confluence, le Coeur du Delta : l'équilibre entre elles deux, l'harmonie, l'accord subtil, l'entente parfaite...le Coeur... la Vie.

Arrivé aux portes du Delta, Priscillio fait une pause et se laisse happer par le silence de cette fin de journée...ce moment si particulier sur le point de basculer vers la nuit mais qui ne semble pas vouloir s'y résoudre...et ça flambe tout droit dans ses yeux, là...c'est presque trop vif, trop violent mais l'attraction est la plus forte...

«Prisonnier du flamboyant ?» A ces mots, il émerge de sa contemplation. Près de lui, se tient une femme ; elle aussi semble fascinée par le couchant et une lueur rougeoyante habite ses yeux couleur d'ambre...Ce n'est plus le flamboyant qui capte le regard de Priscillio, c'est l'ambre de ce regard ; ce n'est plus le silence de cette fin de journée qui le saisit, c'est l'intonation chantante de cette voix..

Il se dit qu'il lui faut parler...maintenant, très vite...ne pas se laisser prendre, capter entièrement par la lumière de ces yeux-là; l'intense questionnement de ce regard au fond duquel il plonge, qu'à son tour il interroge, qu'il soutient et qu'il ne compte pas lâcher...par curiosité peut-être, par défi certainement.

Mais pas un mot, pas un son..et ça, ne rien dire, ne rien pouvoir dire, être « coupé » des mots; les penser si fort qu'ils se bousculent tout autour de son coeur...déjà...les entendre tellement qu'ils bourdonnent dans sa tête...ne pas pouvoir les formuler, ça ne lui était jamais arrivé.

Priscillio connaît le pouvoir des mots, perçoit l'autre, ressent profondément l'intonation de la voix. Il peut aller au fond d'un regard, là où se trouve la fêlure, l'endroit le plus vulnérable...le plus vrai et le plus juste de chacun...il sait où se situent la vérité et le mensonge, la réalité et l'illusion.

«...là, c'est elle...tout en elle est contenu dans l'or de ses yeux, et c'est immense, presque démesuré, comme un flot qui déborderait s'il n'était pas canalisé...une force contenue qui ne demande qu'à rayonner...il y a une telle lumière, là...»

 

 

 

 

Par danslalune
Mardi 25 avril 2006

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Et Priscillio prit la route du retour, ...c'est qu'il avait fière allure, lui, chevauchant et maîtrisant pleinement son engin...là, les yeux fixant cet endroit où Ciel et Terre se rejoignent.

...Tendre union entre ces deux-là, entre ces deux inséparables. Le Ciel l'enveloppe si doucement, elle, cette Terre toute en courbes...un infini de sensualité pour la bercer, la baigner, la faire vibrer...et la Terre sait si bien s'offrir à cette caresse-souffle-chaud d'amour torride...maintenant, ils s'unissent (je ne vais pas vous poser le "dais marine-profond constellé d'étoiles scintillantes, véritables diamants purs et limpides, mais bien pâles comparées à l'intensité de cet acte d’amour" comme décor à leur union...et pourtant, la tentation est grande!)…ils fusionnent et…Ô la belle rouge ! Ô la belle bleue ! et…

"Hop là! Priscillio! Mais c'est quoi ce genre de méditation à propos de??? Tu le sais, ce n'est pas bon pour ta tension ce genre de pensées...ça te fait le visage tout congestionné-rouge-violet et pour un "bôgoss" comme toi, c'est pas du plus bel effet...remarque, coincé entre la belle bleue et la belle rouge, c’est à considérer, mais bon ! Dans cette histoire, tu n’as pas à jouer la « fusée » de feu d’artifice…non, toi, tu es là pour tout autre chose : tu n’as pas choisi cette région désolée par hasard…désolée de tout et surtout d’amour. Et s’il t’a fallu endosser la veste du VRP en « sentiments tendres et vrais » plus celle du confident-conseiller ce n’est pas pour la gloire, seulement tu ne peux pas tenir ce rôle éternellement…

Tu as bien compris que, jusqu’à présent, les Tanzabi n’ont pas fait grand-chose pour se sortir de ce désert d’amour ; ils prennent comme acquis ce que tu leur donnes, sans s’impliquer…l’amour que tu leur offres les rend vivants, mais ils savent qu’en cas de « baisse de régime », en cas de « panne », l’ami Priscillio est là, qu’il les ravitaillera…avec toi, ils font le plein d’amour à chaque visite…facile ! pratique ! pas cher !!! « Aujourd’hui en promotion ! profitez de l’occasion ! Demandez et vous aurez ! Vous en avez rêvé ? Priscillio l’a fait ! » Tu vois, en matière de « réclame », tu as le choix !

Allez, jeune fou, petit scarabée, touchant candide...prends toi par la main et met le cap sur le Delta...tu verras, là, tout est tellement plus lumineux, plus bleu aussi et si calme...loin de ce désert gorgé d'air étouffant, tu iras plonger tes yeux dans les eaux mélées du fleuve et de la mer...là, les eaux se confondent; là, se trouve le coeur du Delta..." dit en "slamant", le "Grand--------"

...Trop fort! C'est grave tendance c't'histoire! Tape m'en five! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par danslalune
Vendredi 14 avril 2006

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Un peu fâché d'être sans cesse dérangé pour des pécadilles, Priscillio se dit qu'un peu de distance entre les Tanzabi, au demeurant fort attachants, et lui s'imposait!

"Bon...je vais devoir trouver un plan B, pour me sortir du plan A et de mon rôle d'ami conseiller: je vais déléguer! je vais passer la main!..mais en douceur, toujours en douceur la main il faut passer, c'est tellement plus...tellement...euh...enfin, voilà...quoi..."

C'est ainsi que Priscillio, un matin de printemps, se mit en chemin avec déjà, une ébauche de plan B à l'intérieur de sa tête:

"...une chtiote machine mais assez bath, assez clean...avec juste ce qu'il faut de clinquant...un petit bijou du meilleur goût!" 

Sur ces belles pensées, il enfourcha son engin et s'en alla pétarader du côté d'un pays producteur-vendeur de pièces en tous genres : boulons, vis et Petites Unités Captatrices d'Energie...un pays louche assez pour qu'il n'y traîne pas plus que nécessaire.

C'était une contrée sans âmes. Un pays tout en gris, décliné en gris...un gigantesque nuancier de gris, ce pays; à croire qu'il y avait une promotion sur le noir et le blanc, le jour où, "Le Grand ------" se lança dans la création. Mais pourquoi, diantre, cette volonté de créer le jour où, évidemment, il n'y a en rayon que du noir et du blanc? Manque d'occupation...gros retard sur son planning...humeur tristounette? Priscillio en était là de ses pensées quand, sur le point de régler ses emplettes, il se trouva face à une monstrueuse caisse enregistreuse: 

 "un peu bouché le panorama?" constata t-il, à peine à l'aise dans ses cothurnes.  "Allez...je ne vais pas m'attarder..c'est que j'ai une machine à construire, moi!" 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par danslalune
Lundi 10 avril 2006

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Priscillio s’installa près des habitations et se présenta comme étant un « conseiller en tout »

« en tout…vraiment tout ? » questionna le chef des Tanzabi

« oui, exactement en tout ce que vous voulez…pratique…non ? »

« alors, si je vous demande de me conseiller dans le choix de ma robe de mariée, vous le ferez ? »s’enquit le chef…

Il faut savoir qu’en Tanzabie terre de désolation, les fiancés sont mis sur un pied d’égalité et chacun revêt une robe de mariée à la « Miss Sca’lette » avec fanfreluches, toute en broderie anglaise faite main, la robe étant parsemée de motifs fins et joliment colorés en macramé du plus bel effet. Aujourd’hui, plus personne ne serait capable de réaliser de telles merveilles…enfin si, il existe tout près du delta, quelqu’un qui met ses petites mimines au service de l’art du macramé…pour en savoir plus, il vous faudra attendre la fin de ce récit, parce que là, je digresse, je digresse et ça ne fait pas avancer l’histoire de : « Priscillio fou-du-désert »

« bien entendu, à condition que vous me laissiez ôter la jarretière de votre cuisse le jour du mariage… » répondit notre conseiller en tout ce que vous voulez.

« c’est que ma fiancée est très jalouse….moi, bien sûr, je ne suis pas farouche…mais voilà, c’est elle qui porte la culotte dans notre couple… »

Priscillio, bien qu’un tantinet contrarié, accepta le marché sans aucune contrepartie…

Sa réputation d’homme intègre-désintéressé et compétent fit le tour de la Tanzabie.

 

En peu de temps, il devint conseiller dans bien des domaines…il était disponible, prêtait une oreille attentive à tous les petits tracas, tous les petits soucis de chacun.

Priscillio fit ainsi office de marieur , de « courrier du cœur », d’entremetteur et dans ce pays balayé par le souffle brûlant du Vent du Grand Sud où les cœurs semblaient aussi secs-recroquevillés que la chétive végétation qui poussait et survivait on ne sait comment, il comprit très rapidement que la quasi pénurie d’amour qui sévissait devait cesser illico…c’est que l’ami conseiller ne tolérait qu’à faible dose d’être dérangé en pleine méditation transcendantale, gymnastique quotidienne à laquelle il consacrait entre 15 et 45 minutes, un temps qui variait en fonction du degré d’implication de sa disciple du moment…

 

 

 

 

Par danslalune
Samedi 1 avril 2006

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  Il y a de cela bien longtemps, vivait un être fabuleux ressemblant trait pour trait, à celui que les grecs appelèrent en leurs temps, Eros.

 Cet Eros d’une autre époque avait un particularité qui le distinguait du dieu grec ; il possédait un curieux engin qui lui permettait de se déplacer d’ici à là en un clin d’œil. Il avait ainsi et supersoniquement, parcouru bien des kilomètres, découvert des contrées vertes et fertiles, d’autres arides, désolées, presque hostiles…de nos jours ces endroits sont appelés déserts.

 

 

Priscillio, c'est son nom, s'était très vite laissé émouvoir par ces régions qui manquaient de tout, par ses habitants, les Tanzabi, petits presque rabougris, à la peau si sombre et brûlée par les méga-rayons de cette boule de feu en fusion scotchée tout là-haut bien au-delà de l’atmosphère.

Il avait laissé couler ses larmes en les regardant vivre comme ils pouvaient, à la recherche d’un peu de fraîcheur, d’une once de douceur…les yeux secs, toujours baissés, ne s’offrant que de brefs sourires vides de tout sentiment…ils vivaient sans se voir les uns, les autres : tout cela manquait sérieusement d’amour, pour sûr !

 Fort de cette terrible évidence, Priscillio décida de prendre ses quartiers d’été dans ce désert…tous le regardèrent avec des yeux ronds-ronds et longtemps, ils ne virent en lui qu’un original qui aurait perdu le sens commun…

 

Et cela lui valu le surnom de « Priscillio-fou-du-désert»…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par danslalune
Vendredi 31 mars 2006

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